Le paradoxe.

blabla

 

Il faut que je vous raconte un truc.
Depuis bientôt trois mois que je vous raconte mon quotidien avec & contre l’hyperacousie et les acouphènes, je trouve mon handicap très présent dans ma vie, trop présent.

Je vous explique.
Je vis avec l’hyperacousie depuis une vingtaine d’année (ça vous savez), avec les acouphènes depuis encore plus longtemps.
Le handicap a évolué avec le temps et j’ai adapté ma façon de vivre au point d’en oublier la vie réelle, celle des vrais gens qui prennent le train, l’avion, sortent diner ou danser, ont un enfant, ou deux, ou trois ou plus.
Durant toute cette période, je ne parlais que peu (voir pas) de mon handicap, certains amis de loin l’ont d’ailleurs découvert ici (Coucou Mariève). Lorsque c’était necessaire, j’expliquais en ajoutant que je gérais cela seule et qu’il était inutile de prendre des précautions avec moi, que si j’en avais besoin, je le demanderais (ce que je ne faisais que rarement, quand je n’avais vraiment pas le choix).
Bref, je vivais ce qui était pour moi une vie « normale ».

Parfois, j’avais des moments de frustrations, quand je mourrais d’envie d’aller à un concert par exemple…
Ça a du arriver 4 ou 5 fois… Pas plus.

Sans m’en rendre compte j’avais renoncé à tout un tas de petites et grandes choses puisqu’il était établi pour moi que cela m’était et me serait toujours impossible.

Au quotidien, je n’en souffrais pas, je vivais ma vie telle qu’elle était, en évitant de trop me projeter dans l’avenir.

Et puis, j’ai commencé à essayer d’en faire un peu plus, à gouter à cette liberté oubliée, à entr’apercevoir ce monde des autres, à me projeter un peu plus loin, pas forcément seule dans ma bulle.

Et puis j’ai trouvé un entourage médical approprié.

Et puis j’ai perdu mon travail (et pas que).

Et puis j’ai commencé à me balader.

Et puis j’ai commencé à écrire ici.

Aujourd’hui, 5 à 6 jours par semaine je tente de réapprendre à mes oreilles la vraie vie, à ma tête aussi. Plusieurs heures par jour mon handicap est au centre de ma vie parce que pour en repousser les limites il faut lui faire face.

5 à 7 jours par semaine, je vous raconte ici mon parcours, plusieurs minutes par jour, j’interroge, je réfléchis, je formule la place que ce handicap a encore dans ma vie.

C’est beaucoup et ce n’est pas tout.

Apercevoir la liberté, ce n’est pas la gagner… Aujourd’hui, et ça je vous l’ai déjà dit, je réexpérimente la frustration… J’ai envie de tellement de choses…
Les impossibles sont remis en question et je trépigne à l’idée de plonger dans ce nouveau monde qui semble s’ouvrir à moi.
Sauf que ce nouveau monde est au bout du chemin, que ce chemin est loin d’être un long fleuve tranquille et que je suis bien trop impatiente.

Le paradoxe est là… Pour pouvoir aller mieux, je donne en ce moment une grande place au handicap dans ma vie.
La question que je me pose aujourd’hui est donc…

« Est-il possible de vraiment dépasser le handicap en lui laissant tant de place ? »

Vous avez 4 heures !

En vrai, vos avis sont les bienvenus en commentaires :-)

2 réflexions sur “ Le paradoxe. ”

  1. Moi je crois que oui!

    En fait, tu l’apprivoises cet handicap. Avant, tu ne lui laissais pas toute cette place, mais c’est lui qui contrôlait en grande partie ta vie, t’empêchant de vivre hors de ta bulle comme tu dis.

    Tu restes, certes, toujours confrontée aux frustrations et aux limitations que t’imposent les acouphènes et l’hyperaccousie, mais chaque pas en est un vers la réussite. Alors vie le cet handicap et surtout prend tout le temps qu’il te faut….

    Je t’encourage! Sache que tu m’impressionnes!

    Sincèrement,

    Mariève xxx

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